Brexit: 47 ans après, le Royaume-Uni quitte l’Union Européenne

Souvenez-vous: par voie référendaire, le peuple britannique avait exprimé le 23 juin 2016 son souhait de quitter l’Union Européenne (U.E); à la question « Should the United Kingdom remain a member of the European Union or leave the European Union? » les britanniques répondirent « YES » pour 51,59% contre 48,11%. Pour la première fois, un Etat membre va quitter l’Institution européenne…

A propos du Référendum: si nous pouvons nous réjouir d’une consultation populaire et du respect de son choix, deux questions nous interpellent toujours:                                        1- Quelles sont les garanties pour le Peuple britannique d’avoir eu les bonnes informations concernant les conséquences à quitter l’U.E? Autrement dit: a t’il pu être manipulé par le gouvernement, par ses opposants, par les médias, par des difficultés économiques faussement attribuées aux décisions prises par Bruxelles…                             2-  Que dire d’une consultation populaire dès lors qu’une partie du Peuple en est exclue? Pourquoi les expatriés britanniques, furent-ils interdits de s’exprimer sur la question, alors qu’ils étaient les premiers intéressés?

2020.02.01 - POST BREXIT, 47 ans après...

Bref: près de quatre après, le Brexit est entériné, les députés britanniques quittent le Parlement, l’Union Jack s’efface, mais bien des questions restent en suspens…

Quid pour l’Irlande unifiée? Si l’Eire reste dans l’U.E, l’Irlande du Nord(1) s’en retrouve exclue malgré son souhait d’y rester (à 55,8%)…                                                                            Quid pour l’Ecosse? Ayant voté « YES » à 62%, nos cousins celtes vont pouvoir se concentrer sur un autre référendum(2), celui de l’indépendance, mais Londres en acceptera t’il un nouveau…? En septembre 2014, 55,3% des écossais ne l’avait pas souhaitée; mais cette question induisait qu’indépendance  entraînait de fait, l’exclusion de l’Ecosse de l’U.E…

Une certitude: l’U.E est bien malade!

  • Un Etat, membre historique, s’en va,
  • D’autres connaissent des difficultés intérieures quant aux contradictions qu’il y a à défendre la démocratie tout en refusant des partitions internes(3) (Catalogne),
  • La libre circulation des biens et des personnes se traduisent différemment selon que l’on soit à l’Est ou au Nord,
  • La devise « Unis dans la diversité » est malmenée: crise économique perdurant, contexte international et les flux migratoires font renaître populisme et extrémisme,
  • etc.

Vouloir s’unir pour être plus fort ensemble, implique nécessairement des ententes, des accords, des concessions. Perdre une partie de sa souveraineté en oubliant sa monnaie propre est une chose, mais obliger quiconque à changer d’identité en est une autre.

Cette Europe-là s’est éloignée de ses citoyens dès lors que le Parlement européen fut « annexé » par la Commission européenne, laissant le pouvoir aux lobbys et politiques aussi influents qu’incompétents en matière de défendre nos intérêts fondamentaux.

L’erreur de cette Europe-là est de vouloir faire converger nos diversités en effaçant nos identités propres, celles qui font ce que nous sommes, celles-là mêmes sur lesquelles se sont appuyés les Etats-membres pour se créer.

Si l’Union Européenne avait été celle des Nations, et non celle des Etats, en serions-nous arrivés à cette situation??? Tant que ceux qui veulent gouverner l’Europe n’auront pas intégré l’importance de l’identité des Peuples, tant qu’ils voudront privilégier l’intégrité territoriale de leur pays, alors ils trouveront toujours face à eux, des Peuples qui ne demandent qu’à exister, des Nations dont les droits fondamentaux sont les mêmes que ceux des Etats.

Ce discours consistant à faire peur à la population, l’affaiblissement de l’identité nationale constitue un terreau pour le régionalisme et donc un danger pour la stabilité de leur pays, est destiné à faire oublier les côtés artificiels de certains « arrangements ». Se contenter d’une culture locale n’allant pas au delà du folklore, consentir une autonomie partielle en prenant soin d’éviter toute sécession, ne peut se faire qu’au détriment de certaines libertés, et malvenu il est pour quiconque continue en pareil cas de se déclarer comme démocratique, ou de continuer à vouloir porter des valeurs telles que « Liberté-Egalité-Fraternité »!

Réécrire l’Histoire et orienter l’Education nationale ne pourra jamais changer nos propres racines. Un pays ultra-centraliste telle que la France aura beau défendre une « Unicité de la République » et octroyer des droits à une partie de sa population (au nom de la spécificité régionale) tout en la refusant à d’autres, alors elle alimentera le rejet d’une partie de ses propres concitoyens et renforcera leurs identités, identités qui trouvent fondements alors même que la France n’existait pas.

Puissent l’Union Européenne devenir celle des Peuples avant celle des Etats,                  Puisse t’elle demain, accueillir en son sein, l’Ecosse, la Catalogne,                                      Puissent après demain, les rejoindre Bretagne, Corse, Pays Basque, Savoie, Lombardie, etc.

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En savoir plus…                                                                                                                                « Pourquoi et comment l’Histoire de la Bretagne a été falsifiée », interview du Docteur Louis Mélennec

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(1) Irlande, Pour la 1ère fois depuis la partition en 1921, les nationalistes ont décroché plus de sièges à Londres que les partisans d’un maintien dans le Royaume-Uni. Après 3 ans de blocage, un gouvernement se met en place à Belfast avec pour leader, Mary Lou McDonald, une réunionniste.                                                                                                                                                      Irlande (janv.2020): les Unionistes majoritaires, une 1ère depuis la partition de 1921       
(2) Référendum, quand la Démocratie anglaise interdit démocratiquement la Démocratie écossaise: le 14 janvier 2020, Boris Johnson, Premier Ministre, rejette formellement la demande de Nicola Strurgeon, Premier Ministre écossaise, d’autoriser la tenue d’un nouveau référendum.                                                                                                                                                                                 Ecosse, 14 janv. 2020: quand la démocratie anglaise de Boris Johnson empêche la démocratie écossaise de Nicola Sturgeon
(3) Catalogne, janv. 2020, Quand le droit d’un Etat prévaut sur le droit européen: le Président du Parlement européen, David Sassoli, se plie à la décision de la justice espagnole, et retire son mandat de député européen, à Oriol Junqueras, indépendantiste catalan.  Catalogne, janv.2020: quand l’U.E plie devant la justice de Madrid

 

 

 

 

 

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